Le cortège du Graal et la Sainte Cène.

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Tous les continuateurs de Chrétien de Troyes - Wolfram excepté - ont relié le cortège du Graal à la célébration catholique de la Cène et au mystère de la transsubstantiation. Même si la formalisation du rituel complet à été longue à venir, le sang de la lance a pour ainsi dire toujours été identifié au sang du Christ et le Graal a toujours contenu une Ostie. Elle est d’ailleurs déjà présente chez Chrétien, et Wolfram la fait déposer sur son Graal-Pierre par la colombe du saint-esprit.
 

Le sens de la Cène, c’est la consommation du Pain et du Vin, c’est à dire recevoir la nourriture spirituelle, être admis pleinement dans le champ d’activité de la lumière pranique originelle. Il me semble cependant évidant que fêter la sainte Cène suivant la coutume des milieux religieux naturels n’a qu’un sens bien imparfait, voire néfaste. Lors d’une telle célébration, ce n’est pas un afflux du vin de l’Esprit qui se produit, mais une liaison renouvelée avec la hiérarchie de la sphère de la nature de la mort.
 
Chacun doit donc se demander comment, par quelle attitude intelligente, il peut être relié à la lumière pranique Originelle afin qu’elle exerce dans son microcosme une activité régénératrice capable de le conduire à une nouvelle naissance.
Cette orientation intelligente permet au candidat de devenir un chevalier ou, selon un vocable plus moderne, un franc-maçon. La notion de “franc-Maçonnerie” dans son acception originelle, et plus spécialement le mot “franc” c’est à dire libre, ne désigne pas l’individualisme aigu, l’égocentrisme courant du monde. “Etre libre” signifie être en mesure de travailler avec une force véritablement libératrice. Cette fore de liberté, cette Lumière pranique originelle, ce Pain et ce Vin, nous appellent. "Si quelqu’un entend ma Voix et ouvre la porte, J’entrerai chez lui, Je souperai avec lui et Lui avec Moi".
Mais comment parviendrons-nous à ouvrir cette porte ? C’est précisément ce que les récits initiatiques comme le conte du Graal veulent nous enseigner. Car il ne suffit pas de dire "Lumière, viens nous toucher et nous aider dans notre obscurité !", Comme pour faire surgir la lumière par un moyen mécanique. Car vous comprenez que l’obscurité qui a été éclairée mécaniquement reste l’obscurité.
 
Notre ordre existentiel tout entier est appelé dans la langue sacrée "ténèbres". Ces ténèbres et la lumière pranique Originelle ne peuvent jamais être conciliées. Le Chercheur doit arriver à découvrir que son existence tout entière, quelle que soit la manière dont elle est éclairée, est absolument ténébreuse et n’offre aucune perspective. Il erre dans la gaste forêt soutaine.
Et pourtant, il se sait fils de la veuve dame. S’il accepte ce conflit, et rejoint la communauté de la table ronde, alors il ouvre la porte.
 
Cette décision ne lui apportera pas la paix, ni le contact aimant d’un soleil de printemps, elle attirera au contraire une nouvelle série de conflits, toute une série de combats pour le chevalier. Et la libération de la fleur blanche du coeur est une véritable guerre. Dans le conte du Graal, tout comme dans le récit biblique, le chemin de la renaissance comporte quatre phases principales : d’abord, la préparation ; ensuite la célébration du souper ; puis le chemin de Croix (Gauvain) et finalement la résurrection. Dans la seconde phase, la gnose [1] entreprend avec le candidat le processus qu’il a lui-même décidé. Il s’agit d’un combat, d’une attaque dirigée contre l’être naturel tout entier. Ce qui doit être brisé, ce qui doit mourir, c’est la réalité des ténèbres, l’illusion de cette vie. C’est pourquoi le repas du Graal est un repas du soir, un repas de mort [2]. Après la Cène, la racine de l’illusion est détruite, un changement radical a eu lieu dans le candidat. Ce nouvel état est représenté par une jeune fille tenant sur ses genoux un chevalier décapité.
 

Notes :

[1] Je dis “la gnose” et pas “une gnose” car il ne s’agit pas seulement d’une connaissance profonde. Il s’agit d’une radiation de nature électromagnétique qui se manifeste effectivement à la conscience comme conaissance - lumière - mais qui est avant tout force et vie. Comme ce sont ces aspects de force et de rénovation qui sont mis en avant dans ce texte, on parle aussi de prana ou de force pranique i.e. de nourriture.

[2] voire à ce sujet les nombreuses continuations qui rajoutent une procession mortuaire au cortège du Graal


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