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Le Graal - Fleur

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Un passage du livre "Croisade contre le Graal" d’Otto Rahn
 

Ce symbole du Gral [1], coupe sacrée dans la tradition christo-celtique, semble issu d’observations très simples et fort naturelles auxquelles, du fait même de leur simplicité élémentaire, on n’a peut-être pas apporté suffisamment d’attention. N’oublions pas que les peuples aryens primitifs furent des pasteurs attachés aux rythmes des saisons, aux beautés de la Nature ; c’est une fleur qui symbolise encore la spiritualité indienne : le lotus.
Le Lotus plonge en Terre ses racines. Sa tige s’élève à travers l’élément liquide. Il ouvre sur l’Eau (car l’Esprit de Dieu se meut sur les Eaux, que ce soit dans la Genèse ou le Véda) que revêt l’émeraude luisant de ses feuilles, mais aussi dans l’Air, sa corolle en forme de coupe, face au Soleil image visible d’Agni le Feu divin, purificateur comme le Paraclet. Il est le symbole de l’Esprit Illuminé parvenu à l’union suprême avec l’Absolu. C’est le Gral - Fleur par excellence, dont l’ineffable beauté rayonne à travers les quatre éléments. Le Bouddha, le Libéré vivant, siège en son coeur comme en une nacelle et il est la Lumière du Monde. Dans le Lotus Suprême est le Suprême Shiva lui-même, et la Suprême Shakti, la Mère des Trois Mondes (la Sophia éternelle). Là est le séjour de Béatitude. [2]
 
Comment cette merveilleuse fleur n’aurait-elle pas servi de modèle à ceux qui façonnèrent la coupe où le prêtre offrait le Soma, l’herbe de l’ivresse, la nourriture révérée à l’égal d’un Dieu ? [3]
Comment après un long voyage à travers l’espace, le temps et l’imagination des hommes, cette coupe se retrouve-t-elle dégradée sous forme d’un chaudron où se prépare un breuvage magique, puis devient-elle, transmutée par le christianisme, le réceptacle d’une nourriture céleste qu’une vierge élève en ses mains ? Le processus des longues migrations humaines et des longs cheminements de la conscience peuvent seuls, si l’on peut un jour le comprendre, rendre compte de ce mystère.
 


 

Notes :

[1] Otto Rahn écrit Gral et non Graal pour marquer qu’il ne parle pas de la coupe de la sainte cène ou de celle qui reccueillit le sang du Christ, en référence également à la dénomination ’Grâl’ de KEMPERS (Franz Kampers, Das lichtland der seelen und der heilige Gral (1916) cité par Rahn.

[2] Commentaire de la Trantra, Puissance du Serpent

[3] Hymne védique d’Avatsara : A Soma.


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