La force à la base de l’arbre

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Les différentes étapes des aventures de Gauvain dans le pays de Galvoie sont jalonnées par des rencontres au pied d’un arbre ( un chêne, un orme, un olivier, de nouveau le chêne et un arbre inconnu). L’arbre représente traditionellement l’axe cerebro-spinal, le feu du serpent c’est à dire la conscience. Nous reviendrons sur la symbolique des différents arbres rencontrés par Gauvain. Nous voulons ici examiner un passage particulier : la deuxième rencontre au pied du chêne.
 

Dans cet épisode, Gauvain soigne un chevalier mourrant (quoique d’après la description qu’en fait Chrétien on se demande s’il ne s’agit pas de la résurection d’un mort) [1]. Ce dernier demande à gauvain de lui fournir une monture pour qu’il puisse aller se confesser au plus vite avant de mourir. Ladite monture est apportée par un écuyer hideux [2]. Après une brève altercation avec l’écuyer, gauvain offre le roncin au chevalier blessé mais ce dernier s’empare traitreusement du gringalet, le cheval de Gauvain, et s’enfuit en révélant l’objet de sa traîtrise : il a été contraint par Gauvain à vivre dans le chenil des chiens les mains attachées dans le dos pendant un mois en punition d’un viol. Sur ce, il s’enfuit et Gauvain se retrouve avec le plus mauvais cheval que l’on puisse imaginer.
 
Ce passage dénote une connaissance très précise des processus subtils de transformation de la conscience.
Les quelques éléments dont nous disposons nous permettent d’interpréter le texte ainsi : au pied de la colonne vertébrale (le chêne) se trouve une force. Cette force est violente et liée à l’activité sexuelle (Gréoreas est un violeur). Le candidat a essayé jadis de la maîtriser, puis du fait de son processus, cette force a décliné naturellement. Elle est maintenant mourante.
Nous voyons ici une allusion à la force de kundalini du bassin, une des trois sources de feu magique en l’homme [3]. Ce passage est donc un avertissement : gare à celui qui ressucite cette force latente dans le plexus sacré, il se retrouvera vite dans un état de délabrement total [4]. En effet, le cheval symbolisant la personnalité, outil indispensable pour mener à bien le processus. Arrivé à ce point, la première tache de Gauvain sera de reconquérir son cheval.
 
Une bonne synthèse des différentes forces de Kundalini et des processus associés - dont le processus de l’initiation gnostique - est donnée par F. FAVRE dans l’article ci-dessous.
 

 

PDF - 1 Mo
article de F.Favre sur Kundalini et les 3 méthodes d’éveil de la conscience

 

 

Notes :

[1] Je fais abstraction de la première rencontre avec ce chevalier. En effet, selon le principe des tabbleaux alchimiques énnoncé dans l’article sur Chrétien de Troyes les deux scènes sont à interpréter séparément

[2] qui rappelle tellement la demoiselle hideuse que Wolfram les fera frêre et soeur

[3] "en chaque être humain se trouve une énergie divine, appelée kundalini. Cette force manifeste deux aspects : l’un manifeste l’existence ordinaire, l’autre nous conduit à la vérité suprême.(...)L’éveil de la kundalini intérieure marque le véritable point de départ du voyage spirituel. Dirigée vers l’extérieur, la Kundalini nous permet d’explorer le monde qui nous entoure ; mais quand son aspect intérieur est éveillé, elle nous révèle le monde intérieur, le monde spirituel. (...) En fait, il existe 3 sortes de Kundalini dans le corps : Prana Kundalini, Chit Kundalini et Para Kundalini, chacune située à un endroit différent. La Kundalini peut-être éveillée à ces trois niveaux ; toutefois, elle est en général éveillée au niveau du muladhara. Mula signifie ’racine’ et adhara ’support’." Swami Mutaktananda - kundalini, le secret de la vie - Ed. Saraswati, 1995

[4] dans le manichéisme chinois, la kundalini du bassin est désignée comme le feu violent et empoisonné


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