GRAAL et Initiation

Edito

Derniers articles


Joseph J. Duggan : The romances of Chretien de Troyes

mercredi 10 février 2016

Werner Greub - La Quête du Graal, Wolfram von Eschenbach et la réalité historique

vendredi 8 février 2013

Pierre Gallais - Perceval ou l’initiation

jeudi 22 novembre 2012

Note d’intention

vendredi 7 août 2009

L’oie et le faucon

vendredi 4 juillet 2008

Jessie L. Weston - From Ritual to Romance

dimanche 6 janvier 2008

Jean Marx : La légende arthurienne et le Graal

mardi 6 novembre 2007

Une autre source

mercredi 5 septembre 2007

Sommaire

(87 articles)

Un roman de l’échec ?

mardi 24 janvier 2006

Ce qui rend le roman du Graal de Chrétien de Troyes si marquant, c’est qu’il s’agit d’un roman de l’échec : Perceval échoue à résoudre le mystère du Graal. L’aspect inachevé du roman renforce ce sentiment d’échec, car le lecteur non plus n’a finalement pas l’explication du cortège du Graal.

Ainsi, on peut dire que ce qui touche le lecteur, c’est d’être mis en face de sa propre réalité : il y a un mystère à comprendre dans l’existence, des questions fondamentales à (...)

Un roman d’initiation, mais de qui ?

mardi 24 janvier 2006

On a beaucoup écrit sur l’aspect éducatif du Roman du Graal de Chrétien de Troyes. Sous la plume des érudits, le roman passe du stade de divertissement mondain à celui de roman d’éducation (destiné au Dauphin alors sous la tutelle de Philippe de Flandres par exemple) puis au stade de roman d’initiation.

Mais pourquoi un roman, même d’initiation, exercerait-il autant d’attrait, au point de susciter pendant 800 ans des adaptations et des continuations ? Tout simplement parce que ce (...)

les Cathares et le Graal

mardi 24 janvier 2006

Dans les années 1930, apparaît le Graal Cathare. Cette thèse soutenue entre autre par A. GADAL et D. ROCHE fut portée à son sommet par le romancier allemand Otto RAHN via son livre "croisade contre le Graal" dans lequel il défend que le Parzival de Wolfram von Eschenbarch s’inspire directement de la réalité occitane du XIIIème siècle.
 

Cet ouvrage fut traduit en français en 1934 et, comme cela était prévisible, obtint dans le Midi un succès notable. Il fut réédité en Allemagne, en 1964, et aussi en France, en 1974, dans le (...)

Graal et alchimie

mardi 24 janvier 2006

Graal et alchimie sont intimement liés. Tous deux accompagnent l’humanité depuis l’aube des temps. Les taoïstes chinois parlent du vase plein qu’il ne faut pas toucher, en Egypte, le hiéroglyphe qui signifie "coeur" représente un vase. Les écrits d’hermès Trismégiste parlent du grand cratère que dieu fit descendre du ciel .

Pour les Rose-Croix, l’alchimie concerne la transformation des métaux en tant que principes directeurs de la vie humaine (cuivre = venus = desir, fer = mars = volonté etc...). Le processus (...)

Beatus de Géronnes

mardi 24 janvier 2006

Le Beatus de Geronne est un commentaire de l’apocalypse du Xème siècle, riche de 114 miniatures enrichies d’Or. C’est un des plus importants manuscrits espagnols. c’est (...)

enluminure du beatus (1) : l’arbre de vie

mardi 24 janvier 2006

Le symbole de l’arbre de vie est universel. Son tronc avec ses branches et ses racines symbolise la conscience : l’axe cérébro-spinal et le réseau nerveux qui se déploie à partir de (...)

enluminure du beatus (2) : la monture

mardi 24 janvier 2006

La monture est le symbole de la personnalité. C’est un animal, et il est noir. La phase noire de l’oeuvre alchimique représente d’ailleurs la connaissance approfondie de la (...)

enluminure du beatus (3) : la dame

mercredi 25 janvier 2006

Nous pensons tous que nous avons une âme et que cette âme est immortelle. Mais rien n’est moins vrai. Nous sommes, tels des animaux, animés d’une âme-sang mortelle.

L’âme véritable est encore à naître. C’est par cette âme que le processus de reconstruction de l’homme - âme - esprit divin est possible. Sur le dessin, on voit représenté (...)

enluminure du beatus (4) : la coupe

mercredi 25 janvier 2006

On retrouve dans la coupe l’image d’un caducée entourant le coeur. Voici donc le Graal en l’homme : le symbole de l’unité de la tête et du coeur, reliés par la nouvelle (...)

La lance qui saigne

mercredi 25 janvier 2006

Dans la vison du cortège du Graal, la précieuse coupe est précédée par un page portant un lance de la pointe de laquelle perle continuellement du sang, qui coule le long de la hampe jusqu’à la main du valet.
 

"Tandis qu’ils causent à loisir, paraît un valet qui sort d’une chambre voisine, tenant par le milieu de la hampe une lance éclatante de blancheur. Entre le feu et le lit où siègent (...)

La Lance qui saigne (2)

Gustav Meyrink : l’ange à la fenêtre d’occident

mercredi 25 janvier 2006

[4] . Le poignard est donné au sommet de la tour par le vieux jardinier en présence de quatre personnes : 2 couples : Dee + Jane et la princesse + Lipotine et un troisième couple caché : Le (...)

La lance qui saigne (3) Les Noces alchymiques

mercredi 25 janvier 2006

Le livre des Noces alchimiques de Christian Rose-Croix, paru au XVIIème siècle, présente un certain nombre d’analogies et de références au conte du Graal. Après le travail au troisième (...)

La lance qui saigne (4)

Symbolique de la Rose-Croix moderne

mercredi 25 janvier 2006

On peut mettre en parallèle l’image de la lance et du graal de "la quête du Graal" : la lance suspendue au dessus du Graal, la sang de la lance s’écoulant dans la coupe avec le (...)

Le Medieval Fantastique

mercredi 25 janvier 2006

A la suite de la grande guerre de 1914-1918, de nombreux romanciers traumatisés par leur séjour dans les tranchées remirent au goût du jour la littérature médiévale et notamment le cycle (...)

Chrétien de Troyes

mercredi 25 janvier 2006

Chrétien de Troyes était il un initié ou simplement un conteur émérite qui a eu la chance de tomber sur un texte d’une richesse incroyable et l’a repris à son compte ?

Conte tenu de la faible quantité d’informations dont nous disposons à son sujet, nous ne pouvons que nous perdre en conjectures. La version la plus basique : Chrétien était un clerc qui à (...)

Wolfram von Eschenbach

mercredi 1er février 2006

Wolfram était-il un initié ou un simple continuateur de Chrétien de Troyes ? A-t’il découvert le texte fondateur du mythe du graal dont il s’est servi pour corriger Chrétien ?

Les travaux d’analyse critique de J. FOURQUET (Wolfram d’Eschenbach et le conte del graal) mettent un terme à toute hypothèse d’un texte original, iranien, manichéen ou quel (...)

Jean MARKALE : Le Graal

jeudi 2 février 2006

Dans cet ouvrage de vulgarisation, Jean MARKALE brosse un panorama des différents textes et continuations. Il présente ensuite son interprétation, fondée sur l’hypothèse d’une origine celte du mythe du Graal.
 
Un bon point de départ.

p. 39 - 40 (Le Graal de chrétien de Troyes) Les trois gouttes de sang sur la neige Il s’agit d’une image antérieure au XIème siècle et présente dans de nombreux récits gallois (à (...)

Graal et Wisigoths

samedi 4 février 2006

Voici un extrait du livre de Jean Alain Sipra : " La Cité du Chariot,Rennes-le-Château Aux sources du mythe de l’or" Dans ce passage, l’auteur replace le mythe du Graal dans le (...)

Le Soleil et la Lune

dimanche 5 février 2006

On retrouve dans de nombreuses traditions la coupe (que ce soit explicitement celle du graal ou non) en liaison avec le soleil et la lune :

Si on veut trouver le Graal dans l’iconographie du moyen-âge, il ne faut pas chercher l’objet en tant que tel, mais sa signification en tant que contenant d’un elixir divin. En (...)

Philippe Walter - Perceval : le pêcheur et le Graal - editions IMAGO

dimanche 12 février 2006

Après Markale, encore un ouvrage de la lignée celtisante. Le principal intérrêt du livre est de faire le lien avec le fameux mythe de l’hyperborée, que l’on retrouvera très fortement marqué chez les auteurs de la mouvance "traditionnelle".

Biographie : Philippe Walter est professeur de littérature française du Moyen Age et directeur du centre de recherches sur l’imaginaire à l’université de Grenoble III. Il a publié (...)

Gauvain

mardi 14 février 2006

Les aventures de Gauvain sont la principale pierre d’achoppement du Roman du Graal, aussi bien pour les continuateurs ( à l’exception de Wolfram von Eschenbarch) que pour les érudits qui se sont penchés sur ce texte.

A la moitié du roman, le personnage de Perceval disparaît et le récit suit le personnage de Gauvain. Ce brusque changement de personnage est doublé d’un anachronisme des plus étranges : (...)

Hypothèses

dimanche 19 février 2006

14/02/2016 : je reformule mes hypothèses

1- Le roman du Graal est un manuel d’initiation. Il s’adresse donc à tout candidat potentiel sous la forme d’un ensemble d’images mythiques constituant des indications (...)

Christian Rose-Croix au chateau du Graal

vendredi 24 février 2006

Quel lien y a t’il entre les récits du Graal du XIIIème siècle et les manifestes des Rose-Croix du XVIIème siècle, dont les célèbres "Noces chymiques de Christian Rose-Croix" ?
 

A priori, aucun. Aucun des textes de la rose-croix ne mentionne le Graal, ou même une coupe, ni aucun mystère chrétien rattaché au graal. Aucune scène chevaleresque n’émaille le récit des (...)

Qu’est-ce que l’initiation ?

jeudi 2 mars 2006

Pour beaucoup, la notion d’initiation est étrange et mal définie. Sa réalité et sa vérité sont cependant ancrées dans toutes les religions mondiales, et bien évidemment dans le Christianisme (sans cela, le Christianisme, en tant que Chemin vers le Haut, serait sans valeur). Malheureusement, le savoir se rapportant à l’initiation a été dévalorisé par le catholicisme, tandis que le protestantisme l’a effacé par sa protestation.
 

Il nous semble essentiel de préciser exactement la nature de ce que nous appelons ici initiation. Par initiation nous comprenons l’admission progressive dans la Hiérarchie de Christ ; (...)

Quelles sources pour Parzival ?

jeudi 9 mars 2006

Dans son Parzival, Wolfram attribue l’origine du roman à un certain Kyot le Provençal, qui découvrit les premiers textes du Graal à Tolède. Jean Fourquet, on l’a vu, démontre par le biais de l’analyse critique que la seule source de Wolfram, c’est le conte de Chrétien de Troyes.

Cependant, nous trouvons en la personne de Jean Frappier [18] un contradicteur sérieux de Fourquet : "Le conte du Graal, même augmenté d’une partie de ses continuations et enrichi par les (...)

Une nébuleuse de textes

jeudi 16 mars 2006

L’aspect inachevé du conte du Graal, laissant de nombreuses questions sans réponses (qu’est-ce que le Graal, qu’est-ce que la Lance...) et les quêtes inachevées ( non seulement celles de Gauvain et de Perceval, mais aussi celles annoncées par la demoiselle hideuse ) [22] à généré une abondante littérature : prologues, explications, continuations et réécritures du conte.

1180 : Le conte du Graal de Chrestien de Troyes 1195 : première continuation, version courte ( version longue vers 1200 ). Continuation Gauvain du pseudo Wauchier de Denain. Cette continuation (...)

Perceval et la vision intérieure

jeudi 23 mars 2006

Dans le conte du Graal, Perceval progresse de vision en vision (il s’agit bien entendu de visions intérieures) :
- la vision des 5 chevaliers nimbés de lumière, qui lui fait quitter la gaste forêt,
- la vision du cortège du Graal [23],
- la vision des trois gouttes de sang sur la neige.
Entre les visions, on retrouve les instructeurs ( la mère, Gornement, la cousine ) et de brefs passages à la cour du Roi Arthur.

Cette alternance de visions intérieures, d’enseignements et de séjours à la cour d’Arthur, le lieux où l’on fait les chevaliers, le centre initiatique, est un élément typique de (...)

Paulette Duval : la pensée alchimique et le conte du Graal

ed. honoré Champion - 1979

mercredi 29 mars 2006

La thèse de Paulette Duval est que la pensée sous-jacente qui structure le conte du Graal est la pensée hermético-alchimiste.

Le livre tente de dégager les points clefs de la pensée alchimiques, sa transmission de l’antiquité au moyen âge, depuis les premières traces dans le chamanisme jusqu’aux récits (...)

La mystérieuse vertu de Galaad

le rapport à la violence : critère de premier ordre

mardi 4 avril 2006

Dans la plupart des ouvrages de vulgarisation et malheureusement dans l’opinion générale, le livre du conte du Graal de Chrétien de Troyes est supplanté par le récit de "la Quête du Graal".
On qualifie Galaad de chevalier spirituel, de pur, de mystique. Cependant, si on examine réellement le texte, ces assertions deviennent très problématiques.
 

En règle générale, la supériorité de la Queste du Graal sur le Perceval est justifiée par les points suivants : condamnation de la violence : on quitte la barbarie des romans précédents (...)

Le livre du Graal

vendredi 7 avril 2006

Dans son prologue, Chrétien de Troyes dit qu’il écrit à partir d’un modèle : un livre que lui prêta le comte de Flandres. Bien que de nombreux universitaires aient pris les déclaration du prologue au pied de la lettre, il est plus que vraisemblable que le message que Chrétien voulais faire passer dans le prologue soit très différent de l’interprétation usuelle.

En effet, Chrétien de Troyes écrit Selon nous dans le langage alchimique [35], et par conséquent, son texte n’a aucun sens ( comme l’a montré Dragonetti ) sans une herméneutique ( ce (...)

Le Graal Intérieur

jeudi 13 avril 2006

En 1933, le romancier allemand Otto Rahn renverse la légende Monsalvat - Montserrat [43] en publiant, après 3 ans de recherches en pays cathare, le livre "Croisade contre le Graal". S’appuyant sur le Parzifal de Wolfram von Eschenbach d’une part, sur les légendes languedociennes et ses travaux archéologiques d’autre part, il démontre que la fraternité des Cathares étaient les détenteurs du Graal et que le château du Graal était la forteresse Cathare de Montségur. La quête du Graal reprend de plus belle [44].
 

Aujourd’hui encore, on voit ressurgir de temps à autre une nouvelle histoire du Graal, apportant une nouvelle révélation quand au lieu où il serait caché et la façon dont il y est arrivé. (...)

La racine et le surgeon

mercredi 19 avril 2006

On considère toujours que le Graal est le but suprême de la quête. Mais paradoxalement, c’est aussi le moyen pour parvenir à la réalisation [47]. La racine et le surgeon comme le dit Wolfram von Eschenbach :
 

Sur une soie vert émeraude, Du paradis portrait promesse A la fois racine et surgeon C’était l’objet nommé le Graal Du monde suprême idéal. Le surgeon, c’est le (...)

La lance du Graal et la Rose-Croix

extrait du commentaire du 6ème jour par JvR

mercredi 26 avril 2006

Voici un extrait du 6ème jour des Noces alchimiques de Christian Rose-Croix ( texte du XVIIème Siècle attribué à jean valentin Andreae ) suivi d’un passage du commentaire qu’en fait Jan Van Rijckenborgh [48].
 

Après ce léger repas, nous nous apprêtâmes à travailler de nouveau, car le globe était suffisamment refroidi. Avec beaucoup de peine et d’effort, il fallut le détacher de la chaîne et le (...)

La force de la Lance du Saint Graal

Un modèle d’auto-réalisation

jeudi 4 mai 2006

Dans son commentaire des Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix, qui est aussi un manuel d’initiation, jan Van Rijckenborgh explique à quoi peut bien servir un tel ouvrage, ainsi que l’intérrêt et la limite des commentaires qu’un initié moderne peut y apporter. Si comme moi vous qui avez été saisis par la conte du Graal, Vous pouvez lire le passage suivant en remplaçant partout "Christian Rose-Croix" par "Perceval"

« O, ne cessez pas de travailler, mes bien-aimés ! Priez pour l’Or de l’Esprit, car votre guérison repose sur la Force de la Lance du Saint Graal. Telle est la Volonté du Logos. » (...)

Chrétien de Troyes -2

mercredi 10 mai 2006

On sait extrêmement peu de choses sur l’auteur du conte du Graal. En réalité, tout ce que l’on sait a été déduit des propos que l’auteur lui-même tient dans ses prologues, ainsi que des traces de ses connaissances littéraires qui apparaissent ici et là dans ses commentaires en cours de récit (pour la plupart, des allusions à Ovides).
 

La question que tout le monde se pose est celle des sources. Chrétien, comme le veut la tradition du moyen-âge, n’invente rien (le consensus universitaire veut qu’à cette époque (...)

directives et autonomie

jeudi 18 mai 2006

Le candidat reçoit de nombreuses indications sur le chemin qu’il doit suivre. Cependant, la carte n’est pas le territoire. On retrouve, aussi bien dans le conte du Graal que, beaucoup (...)

Les mythes fondateurs

jeudi 25 mai 2006

Au début du XXème siècle nacquirent deux interprétations quand aux sources du conte du Graal : le Graal iranien et le Graal Cathare. Mais l’association des manichéens ou des Cathares au Graal est un phénomène relativement récent [72] et qui plus est, liée à des textes à peu près inconnus. On doit le Graal Cathare à otto Rahn, au début de années 1930 et le Graal Iranien à deux articles de Fridrich von Suhtscheck publiés eux aussi au tout début des années trente.
 

Impossible aujourd’hui de lire une étude sur le Parzival de Wolfram von Eschenbarch (on peut même étendre à la plupart des études sur le Graal) sans tomber sur un rapprochement avec les (...)

Shanamêh, le livre des rois Iranien

jeudi 1er juin 2006

On trouve fréquemment chez les universitaires des références à un prototype Iranien du Parzival de Wolfram. On doit cette origine supposée du Parzival à deux articles des années 1930 de Suhtscheck [74]. Mais que raconte exactement ce fameux Shâ-Nâmeh, le livre des rois Iranien ?
 

Composé vers l’an 1000 par le grand poète Firdoussi et comprenant 50.000 vers, le Shâ-Nâmeh est aussi considéré et connu en Iran que l’Odyssée d’Homère ou La Divine Comédie de (...)

Sohravardi et le Graal

jeudi 8 juin 2006

Au XII° siècle, le sage perse Shihâboddîn Yahyâ Sohravardî (1154-1191) relia l’enseignement de Zoroastre et les traditions de l’ancien Iran avec la sagesse hermétique et le néo-platonisme grec. Il puisa à ces sources pour actualiser son message, car ces deux courants de sagesse étaient très connus et appréciés en son temps. Dans l’un de ses récits il fait revivre l’image du Graal, qui diffuse la profonde vérité de l’enseignement spirituel libérateur.
 

Dans la Perse de Sohravardi existaient de nombreux symboles se référant au Pays de lumière de l’Esprit divin. Un riche héritage provenait du temps de Zoroastre, mais l’idée du Royaume (...)

La mélancolie du roi Arthur

mercredi 14 juin 2006

Au fure et à mesure de l’évolution des romans de la table ronde, la figure du roi Arthur évolue [77]. Sous la plume de Chrétien de Troyes, et tout particulièrement dans le conte du Graal, le roi Arthur est souvent représenté comme un personnage mélancolique : "Seul le Roi Arthur, assis au haut bout d’une table, restait pensif et muet" (Perceval v911).

Ainsi le roi apparaît-il fréquemment comme un personnage un peut désuet, se lamentant sur la perte de ses chevaliers ou craignant leur mort, mais ne passant pas souvent à l’action. (...)

Le nautonier et la cour du Roi

jeudi 22 juin 2006

Durant toutes les aventures de Perceval, ce dernier envoie les chevaliers vaincus se constituer prisonniers à la cour du Roi Arthur.
Dans la partie concernant les aventure de Gauvain, et notamment à partir du moment où il a passé la borne Galvoie, les chevaliers vaincus sont envoyés à un personnage particulier : le nautonier.
 

Ainsi, la cour du Roi et Arthur et le nautonier représentent la même chose : la communauté initiatique. Cependant, par cette dénomination de nautonier, le texte insiste sur le rôle très (...)

Le Cortège de Wolfram

jeudi 29 juin 2006

Jean FOURQUET, dans son étude intitulée Wolfram d’Eschenbach et le conte du Graal a passablement mis à mal les hypothèses donnant au Parzival une origine exotique. Cependant, il y a de nombreuses failles dans la thèse de Fourquet. Le Parzival et le conte du Graal divergent notamment sur un passage essentiel du roman : le cortège du Graal lui-même. [83]
 

Chez Wolfram, le service du Graal - devenu exclusivement féminin - ne traverse plus la salle pour aller d’une porte à l’autre, mais les demoiselles apportent devant le roi pêcheur, (...)

Un avertissement sur le chemin

jeudi 6 juillet 2006

La partie du conte du Graal concernant les aventures de Gauvain et notamment toutes les aventures dans le pays de Galvoie, contient pour nous le coeur de l’enseignement initiatique du conte. Un certain nombre d’épreuves que rencontre Gauvain sont comme des avertissements au candidat qui suit lui aussi le chemin qui mène à la transfiguration.
 

Ainsi, lorsque Gauvain veut aider l’orgueilleuse de Logres à monter à cheval, celle-ci le rabroue : "Non dit-elle. Puisse Dieu ne te laisser conter en nul lieu où tu viendras que tu (...)

Le rapport à la communauté initiatique

jeudi 13 juillet 2006

A la lecture du conte du Graal ou du Parzival, on se rend compte que le rapport que le héros entretient avec la fraternité initiatique, la cour du roi Arthur, change. A chaque étape, la cour du Roi apparaît sous un nouvel aspect, de nouvelles possibilités apparaissent pour le candidat.

Lors de la première visite de Perceval à la cour du Roi, cette rencontre lui donne de l’allant. Il reçoit la force qui le lance dans les aventures jusqu’à la libération de (...)

La force à la base de l’arbre

vendredi 21 juillet 2006

Les différentes étapes des aventures de Gauvain dans le pays de Galvoie sont jalonnées par des rencontres au pied d’un arbre ( un chêne, un orme, un olivier, de nouveau le chêne et un arbre inconnu). L’arbre représente traditionellement l’axe cerebro-spinal, le feu du serpent c’est à dire la conscience. Nous reviendrons sur la symbolique des différents arbres rencontrés par Gauvain. Nous voulons ici examiner un passage particulier : la deuxième rencontre au pied du chêne.
 

Dans cet épisode, Gauvain soigne un chevalier mourrant (quoique d’après la description qu’en fait Chrétien on se demande s’il ne s’agit pas de la résurection d’un (...)

Le symbole de l’orme

samedi 29 juillet 2006

Avant d’affronter les épreuves du pays de Galvoie, Gauvain rencontre l’orgueilleuse de Logres, son initiatrice. Cette rencontre, comme bien d’autres au pays de Galvoie, à lieu au pied d’un arbre. Evidemment, il s’agit d’une rencontre intérieure. La dame représente une force très particulière, un pouvoir de l’âme nouvelle que le candidat libère dans sa conscience et son être tout entier. L’arbre, l’axe cérébro-spinal [91] nous donne la signature de l’état de conscience au moment de la rencontre.
 

Messire Gauvain passe un pont et entre au château, arrivé en haut, au point le plus fort de la place, il aperçoit en un pré sous un orme une pucelle qui mirait son visage, d’une blancheur (...)

Le chateau du Graal

jeudi 10 août 2006

Vers 1270, une soixantaine d’années après le Parzival de Wolfram von Eschenbach, le poête allemand Albrecht von Scharfenberg reprendra le fragment du Titurel de Wolfram pour écrire "le nouveau Titurel". Ce roman reprend à ses débuts l’histoire du lignage du Graal et décrit avec soin le château du Graal.
 

Dans la terre du Salut, dans la forêt du Salut, se dresse une cime solitaire appelée le Mont du Salut, que le roi Titurel ceignit d’un mur et sur lequel il édifia un précieux château pour (...)

Le Mystère du Sang (I)

jeudi 17 août 2006

Jusqu’à présent, nous avons complètement ignoré dans nos articles les aspects du Graal lié au sang et à ce que l’on qualifie de mystère du sang.
En effet, dans le texte de Chrétien de Troyes, cet aspect n’est pas directement abordé, même si on y trouve le point de départ de toute l’agitation actuelle autour du Graal et du sang : l’image de la lance qui saigne.
 

S’il faudra attendre la christianisation du mythe pour que ce sang devienne celui du Christ et que le Graal contienne lui aussi ce sang ; et s’il faudra attendre encore beaucoup plus (...)

Le Mystère du Sang (II)

hierarchie spirituelle et hierarchie naturelle

samedi 26 août 2006

Dans le conte du Graal, les héros n’ont pas seulement à se battre contre eux-même. Une ombre plane sur cette quête initiatique : celle de Klinchor dans le Parzival, celle des forces adverses et de la fausse chevalerie qui pousse Perceval à quitter une seconde fois la cour d’Arthur. Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’un chemin de découverte et de lutte intérieure, mais aussi d’un combat contre des puissances extérieures [98].
 

Qui sont ces force cachées ? Nous avons vu qu’une force atmosphérique mystérieuse touche toutes les créatures terrestres, tant les quatre règnes naturels que les règnes éthériques, astral (...)

Le Mystère du Sang (III)

samedi 2 septembre 2006

Pouvons-nous distinguer l’auto-réalisation au sens de l’impulsion christique de l’auto-réalisation sous la poussée de la hiérarchie naturelle ? Non, et c’est pourquoi les récits initiatiques de tout temps veulent nous éclairer sur ce chemin de combat qui caractérise l’auto-réalisation gnostique.
 

Nous devons nous frayer un chemin à travers l’illusion et donc comprendre les mystères du sang. Ce troisième aspect fondamental de l’âme est la synthèse des autres aspects (...)

La fabrication de l’or

le Mystère du Sang (IV)

vendredi 8 septembre 2006

Notre série d’articles sur les mystères du sang ne saurait être complète si nous n’abordions pas la transformation alchimique fondamentale qui est en jeux : la fabrication de l’or.
 

Nous voici donc placés devant la tâche alchimique de faire de l’or. C’est là le désir ardent de tout candidat aux mystères, il aspire à cet état de l’être primordial constitué (...)

La blessure parmi les hanches

vendredi 15 septembre 2006

Un des points clefs de l’interprétation du conte du Graal, qui sera d’ailleurs l’occasion de développements les plus divers au travers des différentes continuations, concerne la blessure du roi pêcheur.
 

Chrétien nous dit : " C’est bien un roi, je peux vous l’affirmer, mais il a été blessé au cours d’un combat et il est resté infirme au point de ne plus pouvoir se déplacer sans (...)

Prêtre Jean

jeudi 21 septembre 2006

"C’est alors seulement que repanse de joie se sentit vraiment heureuse d’avoir entrepris ce voyage. Par la suite, elle mit au monde, dans l’Inde, un fils qui fut appelé Jean. Ce fut le Prêtre Jean ; tous les rois de ce pays depuis lors ont porté son nom [114]".
C’est ainsi qu’à la fin de son roman, Wolfram rattache la lignée du Graal à l’une des plus grande figure mythique du moyen-âge : celle de Prêtre Jean.
 

Multiforme et tenace, la légende de Prêtre Jean, rêve d’un prince à la fois souverain chrétien et chef religieux, est née au début du XIIème siècle et survivra jusqu’au début du (...)

Quelques mots de Rudolph Steiner

jeudi 28 septembre 2006

Quelques paroles de Rudolph Steiner lors d’un échanges avec les jeunes de l’Ecole Waldorf de Stuttgart, le 16 janvier 1923. Ces propos sont rapportés par le Dr W. J. Stein, qui enseignait l’histoire dans cette classe (traduction française publiée dans la revue TRIADES, Tome I, n°4 - hiver 1953)
 

" - Dites moi à quelle époque c’est passé ce que votre maître vous a raconté ? Les enfants répondirent : - Au moyen-âge . - Sans doute, dit le Dr Steiner , mais on peut préciser (...)

J. EVOLA : Le Mystère du Graal

jeudi 5 octobre 2006

Julius Evola s’inscrit, comme rené Guénon (auteur du "Roi du Monde") et Pierre Ponsoyes (auteur de "l’Islam et le Graal") dans la mouvance dite "traditionnelle".
Pour ces chercheurs, il existe un enseignement universel, inchangé depuis l’aube des temps, à la source de tous les mystères et de toute la puissance spirituelle. Cet enseignement est caché en un endroit secret de la terre. Celui qui le trouve et qui sait s’en montrer digne devient un initié.
Chacun d’eux à une vision bien particulière de ce que confère l’initiation et se perd en conjectures diverses, mais tous sont une mine de légendes oubliée et de symbolique cachées.

p. 21 : l’origine des mythes Les figures du mythe et de la légende ne seraient, pense-t-on, que les sublimations abstraites de figures historiques, qui ont fini par prendre la place de ces (...)

Le cortège du Graal et la Sainte Cène.

jeudi 12 octobre 2006

Tous les continuateurs de Chrétien de Troyes - Wolfram excepté - ont relié le cortège du Graal à la célébration catholique de la Cène et au mystère de la transsubstantiation. Même si la formalisation du rituel complet à été longue à venir, le sang de la lance a pour ainsi dire toujours été identifié au sang du Christ et le Graal a toujours contenu une Ostie. Elle est d’ailleurs déjà présente chez Chrétien, et Wolfram la fait déposer sur son Graal-Pierre par la colombe du saint-esprit.
 

Le sens de la Cène, c’est la consommation du Pain et du Vin, c’est à dire recevoir la nourriture spirituelle, être admis pleinement dans le champ d’activité de la lumière (...)

La Fraternité du saint Graal

vendredi 20 octobre 2006

La Fraternité du Saint Graal
 
Les Chevaliers de la Table Ronde
 
Les Frères du Temple
 

Ces trois termes ont trait à une seule et même Fraternité, dont il a été et dont il est toujours question au cours des siècles sous l’un de ces noms et sous bien d’autres encore. (...)

Le cortège du Graal et la sainte Cène - 2

samedi 28 octobre 2006

Dans l’article sur le château du Graal, nous avons vu que l’attention du lecteur était attirée sur la notion de l’homme-microcosme. Non pas sur le fait que l’homme soit un microcosme, mais sur le fait qu’il soit au coeur d’un microcosme, l’homme originel déchu, symbolisé par le roi pécheur dans le château du Graal.
En réalité, les images et les métaphores employées dans le conte du Graal s’adressent principalement à votre microcosme.
 

Chaque microcosme possède trois états de conscience. Il est d’abord conscient en tant qu’unité, en tant que système. Nous pouvons alors parler de "conscience cosmique". Il possède (...)

Energétique, chemin spirituel et comportement

vendredi 3 novembre 2006

Dans un de ses articles sur le roman "la quête du Graal" [131], Charles Ridoux fait la remarque suivante :
 

« Il est assez difficile aujourd’hui de comprendre l’insistance avec laquelle la Queste exalte la virginité, qu’ont en partage avec Galaad Perceval et sa soeur (Bohort (...)

Le fil du rasoir

vendredi 10 novembre 2006

La perception claire du bien et du mal, le discernement, est une qualité essentielle pour qui veut parcourir la voie initiatique. Car celui qui marche sur cette voie marche sur le fil du rasoir.
 

Cet aspect est illustré dans les manuels d’initiation par les constants retournements auquel doit faire face le candidat. Ce qu’il prenait pour la lumière se change fréquemment en (...)

Le joug de saturne

dimanche 19 novembre 2006

Dans son Parzival, Wolfram von Eschenbach fait de nombreuses références aux connaissances astrologiques, allant même jusqu’à dire que l’histoire du Graal a été lue dans les étoiles par l’arabe Flégétanis  [139].
 

Un astre qui revêt une importance toute particulière dans ce récit, c’est Saturne. En effet, la blessure d’Amfortas, le roi pécheur, est liée à Saturne. Ainsi, la force qui tue (...)

Le fils de Caïn

mardi 28 novembre 2006

Que ce soit dans le conte du Graal de Chrétien de Troyes ou dans le Parzival de Wolfram [145], Perceval appartient à la "lignée du Graal", il est directement rattaché au roi pécheur par les liens du sang. Mais, dans son Titurel, Wolfram va plus loin en donnant toute une généalogie des rois du Graal et en faisant remonter l’ascendance de Parzival jusqu’à Mazadan.
 

Mazadan, comme plusieurs universitaires l’on remarqué signifie "Fils d’Adam" et renvoie plus précisément à Caïn [140]. Ainsi, les rois du Graal seraient les fils de Caïn [141] ; voilà (...)

Mystères Occultes - Mystères Gnostiques

dimanche 3 décembre 2006

Tous les commentateurs du Graal ont tenté de justifier l’échec de Perceval au château du Graal (voir "un roman de l’échec"), chacun cherchant à déterminer la juste ligne de développement qui conduit au Graal.
 

Cela démontre que, même interprété de la manière ésotérique la plus subtile, le conte du Graal a été traité comme un mystère occulte. Un mystère occulte propose un développement progressif, (...)

La reine Belacane

lundi 11 décembre 2006

" De là, il se rendit au royaume de Zazamanc. Il y entendit tous les habitants pleurer la mort d’Isenhart, qui avait péri en combattant pour l’amour d’une dame. C’est Bélacane, la douce et loyale dame, qui avait été la source de son tourment."
Ainsi commencent les aventures de Gamuret en orient [150]. Cette reine Bélacane, assiégée au milieu de sa cité circulaire par les huit armées noires et les huit armées blanches nous renvoie, par la sonorité de son nom, à l’image du Pélican.
 

Cette image du Pélican, qui arrache des morceaux de son propre coeur pour en nourir ses enfants, est une grande image christique du Moyen-âge. Dans le folklore du sud de la France, on trouve la (...)

Deux visions

Autour de la notion de microcosme

vendredi 15 décembre 2006

Dans son livre sur le Graal et le neuvième siècle, l’anthroposophe W.J. Stein oppose les versions de Chrétien de Troyes et de Wolfram von Eschenbach autour de la notion de Microcosme :
« Nous possédons deux versions du conte du Graal : celle de Chrétien de Troyes et celle de Wolfram von Eschenbarch. Leurs versions sont différentes car leurs points de vue sont différents » dit-il.
 

« Chrétien de Troyes tire son savoir du comte Philippe d’Alsace, dont le père Dietrich était dépositaire d’une relique du saint sang. Le sang du Christ est ce qui inspire Chrétien de (...)

La prière des noms de Dieu

vendredi 22 décembre 2006

« Perceval lui donne son accord et l’ermite lui enseigne à l’oreille une prière qu’il lui fait répéter jusqu’à ce qu’il la sache. Cette prière contenait bien des noms de Notre Seigneur, les meilleurs et les plus terribles, ceux que ne doit prononcer une bouche d’homme qu’en péril de mort. Une fois qu’il la lui eut enseignée, il lui interdit de la prononcer en aucun cas, sauf en grand péril. "Je n’y manquerai pas seigneur " dit-il. » [157]
 

C’est là le dernier épisode du conte du Graal concernant Perceval, toute la suite du roman rapportantles aventures de Gauvain. Il a donc fallu, pour de nombreux commentateurs, expliquer en (...)

Premières aventures de Gauvain

jeudi 28 décembre 2006

A la moitié du récit, le conte du Graal quitte Perceval pour suivre les aventures de Gauvain. La cassure est d’autant plus brutale que les premières aventures de Gauvain sont loin du merveilleux et du grandiose des dernières rencontres de Perceval. Elles se caractérisent notamment par des aspects frivoles (Gauvain au service d’une gamine, Gauvain comptant fleurette à la femme de son ennemi) et honteux (Gauvain pris pour un marchant roublard, pour un chevalier peureux, Gauvain surpris dans les bras d’une femme insultée par sa faute...) [162] qui rendent la lecture de ces passages désagréable car non seulement ils ne sont pas portés par un souffle épique, mais ils nous renvoient qui plus est à toutes les petites situations honteuses de notre vie.
 

On retrouve bien là un des aspects de la force-lumière qui se met à agir dans le candidat en qui l’âme nouvelle est née [158] : Il s’agit de l’aspect purificateur, qui replace (...)

Le chêne

mercredi 10 janvier 2007

Le chêne est, dans de nombreuses traditions, l’arbre sacré par excellence. Symbole de la force et de la sagesse, il est investi des privilèges de la divinité et est souvent associé à une communication entre le ciel et la terre [168].
 

Dans la Bible, les vrais enfants de Dieu sont littéralement appelés les chênes du Seigneur, à cause de la force extraordinaire, de la puissance et de la longévité de cet arbre. Mais nous (...)

L’olivier

vendredi 19 janvier 2007

Nous continuons notre série des arbres symboliques dans les aventures de Gauvain avec l’olivier, qui marque le moment où Gauvain ramène le cheval à la tête mi-partie blanche mi-partie noire à l’orgueilleuse.
 

"C’est ainsi que tous et toutes parlaient, dans l’espoir que monseigneur Gauvain renoncerait à aller jusqu’au palefroi. Il les entend bien, mais ne se laisse pas effrayer. Il (...)

L’Epée du Graal

jeudi 25 janvier 2007

Parmi les éléments mystérieux pour lesquels Chrétien ne fourni aucune explication, on trouve en troisième position - après le Graal lui-même et la lance qui saigne - l’épée du Graal.
Cette épée mystérieuse inspira bien des épisodes dans les continuations [180], pour être finalement assimilée à l’épée aux étranges attaches [181] dans le texte de la quête du Graal.
 

Perceval reçoit cette épée à son entrée dans le château. Il s’agit d’une épée merveilleuse, presque unique (le forgeron qui la forgea n’en fit que trois et jamais plus il (...)

La connaissance des signes

mardi 6 février 2007

Dans l’article sur l’épée du Graal nous avons vu que l’épée en question est le symbole d’un pouvoir très particulier qui naît dans le candidat qui suit la voie de l’initiation gnostique. Ce Pouvoir peut-aussi être appelé, comme le rappelle R. Steiner, la Parole. Dans l’article sur "la haute science de l’esprit", l’historien Antonin Gadal nous dit que l’on est initié à science de la parole par la connaissance des signes. Voici un autre extrait d’un texte de Gadal donnant quelques rudiments de cette connaissance des signes :
 

Il y a quatre manières de concevoir l’unité : 1. Comme universelle, produisant et embrassant tous les nombres, n’ayant par conséquent point de binaire ; unité innombrable, (...)

Le Graal - Fleur

jeudi 15 février 2007

Un passage du livre "Croisade contre le Graal" d’Otto Rahn
 

Ce symbole du Gral [184], coupe sacrée dans la tradition christo-celtique, semble issu d’observations très simples et fort naturelles auxquelles, du fait même de leur simplicité (...)

Le heaume de diamant de Gamuret

jeudi 22 février 2007

Si la majorité du Parzival de Wolfram von Eschenbach suit de très près le conte du Graal de Chrétien de Troyes, il s’en éloigne parfois de manière surprenante. Les deux premiers livres, qui racontent les aventures de Gamuret, le père de Parzival, outre le fait qu’ils introduisent les aspects orientaux dans le Parzival, sont extrêmement denses au niveau symbolique et préfigurent l’ensemble du récit [191].
Nous avons déjà parlé de la reine Belacane, nous reviendrons sur la cité de zazamanc. Le point qui nous intéresse ici est le fameux heaume de diamant de Gamuret :
 

"Cependant Gamuret avait revêtu l’armure que Fridebrand, roi d’Ecosse, avait renvoyée à Bélacâne, pour la dédommager de tout le mal qu’il lui avait fait (...).Il n’y avait (...)

La ville au seize portes

mercredi 14 mars 2007

Le Parzival de Wolfram von Eschenbach commence par les aventures de Gamuret l’Angevin, père de Perceval. Ces aventures débutent en Orient, où Gamuret va rencontrer la reine Belacane, dans la cité assiégée de zazamenc. Comme dans tout le reste de l’ouvrage, Wolfram noie des détails frappants au milieu de ses descriptions de repas, de vêtements et de réceptions de coure. Ainsi, un maréchal montre la ville assiégée à Gamuret :
 

"Il se mit en route, accompagné d’une troupe de guerriers valeureux ; les uns déjà âgés, les autres jeunes encore. On le conduisit tout à l’entour de la ville, devant les seize (...)

L’homme à la jambe

mercredi 28 mars 2007

Nous avons déjà parlé du personnage singulier que Gauvain rencontre à l’entrée du château de la merveille : cet unijambiste à la prothèse cerclée d’or et de gemmes. [204] Manifestement, il s’agit là d’une épreuve, car le nautonier qui accompagne Gauvain précise qu’il ne serait pas passé si facilement tout seul.
 

Wolfram von Eschenbach fait de ce gardien unijambiste un terrible marchand aux richesses incommensurables qui promet sa fortune à Gauvain au cas ou ce dernier triomphe des épreuves du château. (...)

Le jardin du Graal

mardi 17 avril 2007

Au cours de différents articles, nous avons vu que Chrétien de Troyes, dans son conte du Graal, dispense tout un enseignement concernant la vocation de l’homme et décrivant tout un processus de tranformation intérieure qui va bien au delà des simples aspects psychologiques [211].
 

En étudiant diverses traditions, il apparaît que cet enseignement que donne Chrétien est universel. C’est finalement ce qui ressort des différentes tentatives pour retrouver le "manuscrit (...)

Le château d’où l’on ne revient pas

mercredi 2 mai 2007

Après avoir triomphé des épreuves du château de la merveille, Gauvain apprend que, s’il en est devenu le maître, il ne peut néanmoins plus quitter le château. Après quelques négociations avec la reine, il obtient de pouvoir sortir à condition de rentrer tous les soirs.
Comment interpréter ce passage si l’on considère que le conte du Graal n’est pas un simple roman de chevalerie, mais un manuel d’initiation ? [217]
 

Une indication très précieuse pour l’interprétation des aventures de Gauvain au château de la merveille est à mon sens fournie par la nature de l’épreuve que doit surmonter Gauvain : (...)

La dame au miroir

dimanche 27 mai 2007

"Messire Gauvain passe un pont et entre au château. Arrivé en haut, au point le plus fort de la place, il aperçoit en un pré, sous un orme [221], une pucelle qui contemplait dans un miroir son visage et sa gorge, plus blanche que neige. Un étroit cercle d’or couronnait ses cheveux." [222]
C’est ainsi que Chrétien de Troyes nous décrit l’orgueilleuse de Logres : une femme ravissante, couronnée d’or, un miroir à la main. On imagine mal description plus succincte, pourtant la force symbolique est énorme.
 

Déjouons le piège grossier de l’église qui, au moyen-âge a fait du miroir le symbole de la prostituée, pour nous rattacher à la tradition universelle. Que ce soit pour les Egyptiens, les (...)

le symbole de l’ancre

samedi 7 juillet 2007

Nous revenons une fois encore aux premiers livres du Parzival de Wolfram Von Eschenbach et aux aventures de Gamuret l’Angevin. Pourquoi ? Parce que ce passage a été écrit par Wolfram en dehors de toute influence extérieure. Contrairement aux aventures de Parzival et de Gawan, Wolfram n’est pas en train d’enjoliver une source extérieure. De ce fait, il se rattache, pour faire passer son message, à un autre jeu de symboles qui révèlent son orientation profonde.
 

Ainsi, après son premier voyage en Orient, Gamuret revient avec une nouvelle armure et nous avons déjà mentionné le heaume de diamant : "Il n’y avait rien au monde de si précieux que (...)

Une autre source

mercredi 5 septembre 2007

Tous les érudits se sont interrogés sur l’origine des romans de la table ronde. Selon le consensus, les légendes et récits mettant en scène les chevaliers de la table ronde ont pour point de départ un personnage historique, un chef de guerre anglais ou gallois ayant lutté contre les saxons vers l’an 500 et au patronyme proche d’Arthur.
 

Ce personnage est cité pour la première fois dans les "Historia Regum Britanniae" de Geoffrey de Monmouth, traduite en français vers 1150, 5 ans avant la mort de son auteur. Mais le personnage (...)

Jean Marx : La légende arthurienne et le Graal

mardi 6 novembre 2007

Jean Marx est un des derniers universitaires à avoir fourni un travail conséquent sur les récits Graaliens. Très érudit, il fait le point sur tout ce qui a été écrit avant lui. Cependant, son allégeance indéfectible à la cause celtisante l’entraîne dans de nombreuses contradictions.
 

Aux origines historiques d’Arthur pp 50-60 : Jean Marx retrace la vison traditionnelle de l’aspect historique du personnage d’Arthur : Nennius – Monmouth – Wace (...)

Jessie L. Weston - From Ritual to Romance

dimanche 6 janvier 2008

Ecrit en 1919, le texte de Miss Weston reste un texte à part dans les études sur le Graal. Reconnu pour son sérieux, il est incontournable et chaque universitaire écrivant sur le sujet est obligé de le citer et de le réfuter.
En général, on synthétise la théorie de J. L. Weston de la manière suivante : le conte du Graal est la survivance d’un rite associé à un culte de la fertilité. En réalité, si on lit vraiement tout le livre, on s’aperçoit que Miss Weston est allée beaucoup plus loin en établissant le conte du Graal comme la survivance de l’enseignement des cultes à mystères, eux mêmes à l’origine du Chritianisme.
 

Un message universel "Je voudrais en même temps prier les érudits qui pensent qu’il n’y a aucun rapport entre les romances du XIIème siècle et l’an 1000 avant J-C de suspendre (...)

L’oie et le faucon

vendredi 4 juillet 2008

A la manière des contes initiatiques de sohravardi [255], les protagonistes du conte du Graal évoluent dans des paysages de l’âme [256]. Mais dans le conte du Graal, ces paysages sont en général enrichis d’éléments symboliques qui permettent au lecteur, saisi intérieurement (dans son âme justement) par la situation décrite, de dégager aussi des éléments d’enseignement pratique.
 

Pour illustrer notre propos, prenons par exemple un de ces paysages, rendu célèbre par sa puissance évocatrice : l’épisode des trois gouttes de sang sur la neige [250]. L’image qui (...)

Note d’intention

vendredi 7 août 2009

Quand on aborde l’étude d’anciens textes initiatiques, que ce soient les Ecritures sacrées comme la Bible et les Védas ou des écrits des fraternités gnostiques, il peut être utile de définir avec précision l’esprit dans lequel on le fait, et ce que l’on s’attend exactement à en tirer d’utile pour le monde et l’humanité.
 

Affirmons avant tout l’existence certaine de la Gnose, la Vérité divine, une et éternelle, que nous cherchons ; d’elle dérive tout autre connaissance ; à sa lumière toute autre vérité (...)

Pierre Gallais - Perceval ou l’initiation

jeudi 22 novembre 2012

L’ouvrage de Pierre Gallais développe deux hypothèses autour du compte du Graal : la première est qu’il s’agit d’un ouvrage inspiré directement par la tradition gnostique, la deuxième est que l’initiation fondamentale du héros est la découverte de la femme, du féminin sacré et du mariage de Perceval avec Blanchefleur. Ce mariage n’étant pas indiqué par Chrétien de Troyes, Pierre Gallais va démontrer qu’il est la suite logique du roman.

P. 33 : l’initiation selon P. Gallais "avoir trouvé son chemin, c’est à proprement parler une initiation". En ce sens, tous les héros de Chrétien de Troyes sont initiés. La thèse (...)

Werner Greub - La Quête du Graal, Wolfram von Eschenbach et la réalité historique

vendredi 8 février 2013

Werner Greub (1909 – 1997), membre éminent de la société Anthroposophique fondée par Rudolf Steiner, a consacré de nombreuses années à effectuer des recherches sur les aspects historiques du Parzival de Wolfram von Eschenbach, recherches partiellement publiées en 1974 sous le titre Wolfram von Eschenbach und die Wirklichkeit des Grals (Wolfram von Eschenbach et la réalité du Graal).

En tant qu’étudiant de Rudolf Steiner, il a été marqué par les paroles du maître assurant que les événements relatés dans Parzifal sont à rechercher au IXème siècle (voir "quelques mots de (...)

Joseph J. Duggan : The romances of Chretien de Troyes

Joseph J. Duggan - Yale university press 2001

mercredi 10 février 2016

Globalement, il n’y a pas d’apport majeur ni de théorie nouvelle dans cet ouvrage. Outre une synthèse de l’état des recherches et hypothèses sur Chrétien et son œuvre, Duggan essaie de confronter les situations des romans à des situations similaires de la vie au moyen âge telles qu’on les connait. Cela lui permet de faire le tri entre ce qui nous semble mystérieux à nous, lecteurs du vingtième siècle par rapport à ce que Chrétien a voulu faire apparaître comme mystérieux.

Pour ma part, j’en tire surtout nombre de petits détails qui corroborent les hypothèses émises jusque-là sur ce blog.

Chrétien et son environnement p.9 : les origines de Chrétien : pour J. Dugan, Chrétien n’est clairement pas juif et la seule trace menant à cette interprétation : "Chrestiiens li Gois" au (...)

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